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Haiti : Les séquelles de l’esclavage

Posted by Niss Anmwe
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on Wednesday, 18 July 2012 in Opinion

 

Historiquement, l’esclavage a disparu en Haïti depuis tantôt deux siècles et plus; le coup de grâce lui a été donné à la proclamation de l’indépendance – une indépendance plutôt nominale.

 

 

 

Cependant, socia-lement et psychologiquement il demeure. Il habite notre mentalité, coule dans nos veines et circule dans nos pensées. Il se manifeste dans nos comportements et nourrit nos luttes de classe. Il nous retient enchaînés dans notre enchevêtrement.

La supériorité d’une couleur

Au temps de la colonie, il y avait une échelle de valeur mettant les blancs au premier rang, ensuite les affranchis et enfin les esclaves. Aujourd’hui, avec les mêmes capacités, le même niveau d’étude… un blanc ou un métis sera littéralement supérieur à un noir en Haïti et sera éligible à l’avance pour l’obtention d’un poste.

La supériorité d’une langue

Malheureusement dans toute colonie, la langue de la métropole prévaut sur celle des indigènes. Par ainsi, le français prévalait sur le créole dès le début de la colonisation. Après notre soi-disant indépen-dance le français prédomine encore sur le créole. Une seule et même personne est bien ou mal vue, bien ou mal reçue selon qu’elle parle français ou créole. On vous prend pour un grand intellectuel parce que seulement vous pouvez baragouiner le français - surtout si vous êtes orfèvre dans l’usage des mots ronflants.

Une relation colon esclave

Face au blanc – surtout l’étranger – l’haïtien ordinaire se comporte comme un être inférieur et considère le blanc comme un sauveur, une personne d’un rang supérieur, un demi-dieu. Le blanc, surtout l’étranger – même s’il n’avait pas beaucoup d’importance dans son pays - se voit supérieur à l’haïtien. Il est expert en tout et il peut dicter toujours et infailliblement la formule pour solutionner nos problèmes – même s’il en a plein dans son propre pays.

L’employé en Haïti, surtout celui qui ne peut pas revendiquer ses droits, est, comme l’ancien esclave, taillable et corvéable. Le patron abuse son courage et lui donne un salaire de misère, sans peur d’être puni par la loi. Dans ce pays celui qui fait les travaux les plus pénibles est celui qui reçoit le plus maigre salaire.

Les survivances les plus évidentes de l’esclavage se rencontrent dans les maisons. Le gardien, la servante et la petite bonne appelée méchamment domestique ou Saintanise sont de vrais esclaves. Cette dernière est violée, battue, traitée de toutes les injures. Souvent le chien de la maison est mieux considéré qu’elle.

Une mauvaise conception du travail

L’un des plus grands torts que l’esclavage nous a fait c’est qu’il a terni le vrai sens du travail. Travail était absence de liberté. A cause de cela l’haïtien est oisif et paresseux. Son rêve est de travailler dans un bureau, d’avoir la prestance d’un homme ou d’une femme de la haute société, celle des colons (et de ceux qui leur ressemblent). C’est pourquoi dans les entreprises, certains/certaines secrétaires/réception-nistes préfèrent s’imposer ou blaguer au téléphone au lieu de servir les clients avec empressement.

L’incapacité de l’haïtien à se diriger

Les ministres de l’église qui étaient au service de la colonie avaient fait croire aux esclaves qu’ils auraient été crées inférieurs, faits pour être dirigés (par les blancs) et non pour (se) diriger. De 1804 à ce jour (27 avril 2006), l’histoire d’Haïti ne comprend pas beaucoup de faits qui puissent prouver que l’haïtien soit en mesure de se diriger convenablement. Ce qui insinuerait que ç’aurait peut-être été mieux que nous ne fussions pas indépendants. Ou bien que dans le cas d’Haïti, esclavage et indépendance ce serait du pareil au même. Ce qui est justifié par la présence des troupes étrangères au pays.

Si même après l’esclavage, ce qui constituait son essence et qui faisait sa laideur demeure, c’est qu’il nous faut une nouvelle révolte, une nouvelle guerre et une nouvelle indépendance. A la seule différence qu’elles ne passeront pas par la violence. Il nous faudra encore des Héros qui voudront se battre et braver les barricades enflammées déjà tendues par les conservateurs fanatiques et rétrogrades, qui préfèrent le statu quo à un changement bénéfique même à leurs propres personnes. Il nous faudra surtout Hérauts, qui au prix de leurs vies, voudront bien s’ériger en apôtres, pour dénoncer l’injustifiable et corriger l’inacceptable.

Herns Mesamours

President-Fondateur, Coalition Regionale des Jeunes du Nord et du Nord-est (COREJENE) 2006

www.anmwe.com



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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