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Haiti : Le Bois Caiman, une cérémonie entièrement religieuse non satanique

Posted by Niss Anmwe
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on Wednesday, 15 August 2012 in Religion

Depuis longtemps, on nous a toujours laissé entendre ou décrit la cérémonie du Bois Caïman comme un pacte avec le diable, le démon, les dieux du vaudou, etc...Mais combien d'entre nous, avons pris le temps de mener des recherches approfondies au sujet de ce grand évènement.                                                                  
                                                                                                                      

 

Traditionnellement, nous savons tous de mémoire le récit de l'historien Pauléus Sannon qui évoque Boukman, la cérémonie du Bois-Caïman et le pacte africain du sang :

"Sur tous les esclaves qui l'approchaient, il exerçait un ascendant qui tenait du prodige.

Pour faire tomber toutes les hésitations et obtenir un dévouement absolu, il réunit dans la nuit du 14 août 1791
un grand nombre d'esclaves dans une clairière du Bois-Caïman.

Tous étaient assemblés quand un orage se déchaîna. La foudre zébra de ses éclairs éblouissants un ciel de nuages bas et sombres.

En quelques instants, une pluie torrentielle inonde le sol, tandis que sous les assauts répétés d'un vent furieux, les arbres se tordent et se lamentent. Leurs grosses branches, violemment arrachées, tombent avec fracas.

Au milieu de ce décor impressionnant, les assistants, immobiles, saisis d'une terreur sacrée, voient une vieille négresse se dresser.

Son corps est secoué de longs frissons; elle chante, pirouette sur elle-même et fait tournoyer un grand coutelas au-dessus de sa tête...

On introduit un cochon noir dont les grognements se perdent dans le rugissement de la tempête.

D'un geste vif, la prêtresse plonge son coutelas dans la gorge de l'animal... Le sang gicle, il est recueilli fumant et distribué aux esclaves; tous en boivent, tous jurent d'exécuter les ordres de Boukman.

La vieille prêtresse aux yeux étranges et aux cheveux hérissés, psalmodiant des paroles mystérieuses en dialecte africain,
invoquait les dieux des ancêtres.

Tout à coup, Boukman se dresse et s'écrie:

"Le Bon Dieu a fait le soleil qui nous éclaire là-haut, qui soulève la mer et fait gronder le tonnerre.

Ecoutez bien, vous autres, ce Bon Dieu là, caché dans un nuage, nous regarde.

Il voit ce que font les blancs.

Le Dieu des blancs demande le crime, le nôtre veut les bienfaits.

Mais notre Dieu qui est si bon, vous ordonne la vengeance !

Il dirigera nos bras, il nous assistera''.

En Haïti, nous ignorons tout ou presque tout de l’Islam, la 2ème plus grande religion au niveau mondial, après le Christianisme. Quelles sont les raisons de cette ignorance?   

As-salam Alleikoum, dans ses réflexions sur l'Islam en Haiti, a écrit : Je n’ai pas la prétention de vous proposer une étude approfondie sur le sujet. Je me propose juste de partager avec vous mes réflexions qui, j’espère, retiendront assez votre attention pour que vous partagiez les vôtres avec nous.

Notre pays est essentiellement chrétien (quoique selon des sondages, plus de 2/3 de ses habitants pratiquent le vodou). C’est seulement depuis peu que, grace à quelques missionnaires étrangers, une très infime minorité d’haitiens a commencé à s’intéresser à l’Islam, élevant le nombre des conversions à moins de 5000, étalées sur une période de 20 ans, pour une population de plus de 8 millions d’habitants.

La cérémonie religieuse du Bois Caiman

Qui était Cécile Fatiman?

« Fatima est le prénom de l’une des filles du prophète de l’Islam et chaque bon musulman se devait de donner ce prénom à sa première fille. Il en est ainsi chez les chrétiens croyants qui n’omettent pas de donner le prénom « Marie » à une de leur fille ». (Propos d’une musulmane appelée Fatima). Soulignons que tout musulman porte un nom musulman attribué par ses parents à la naissance ou choisi par lui-même à sa conversion.  

Par ailleurs, la date de cette cérémonie, le 14 Août 1791, où il est question de sacrifice, correspond au 14 Dhou Al-Hijja 1205 dans l’ère hégirienne (calendrier lunaire des Musulmans), date du dernier jour de la Fête du Sacrifice ( Aid-el-Adha ou Aid-el-Kébir) : fête célébrée en souvenir du sacrifice demandé par Dieu à Abraham. Abraham devait sacrifier son fils mais au dernier moment Dieu fit remplacer son fils par un mouton.

Durant cette « Fête du sacrifice », les familles musulmanes tuent un mouton et le partagent entre elles et avec les pauvres. Elle est célébrée 70 jours après la fin du Jeûne de Ramadan, et marque la fin du Pèlerinage à la Mecque (Hajj). Elle dure 4 jours, du 10 au 14 Dhou Al-Hijja, ce qui correspondait précisément en l’année 1791 au 10 au 14 Août.

Le seul élement qui ne correspond pas à cette fête est que selon la tradition, l’animal sacrifié aurait été un porc et les Musulmans ne mangent pas de porcs. Mais combien de fois avons-nous vu le bouche-à-oreille transformer un fait en un récit tout-à-fait méconnaissable?!

En tout cas, si l’Histoire ne s’est pas trompée sur la date, Boukman et tant d’autre esclaves ayant été reconnus être des musulmans venus d’Afrique, principalement identifiés par leurs noms tels que le grand chef Halaou (Allahou), il y a de fortes chances que notre chère Cérémonie du Bois-Caïman ait été la célébration de L’Aïd-el-Adha!!!

Ce qui prouverait donc que notre nation, au lieu de devoir son Indépendance au vodou, la devrait plutôt à l’Islam, à Dieu plutôt qu’aux loas! Ce qui devrait aussi faire de notre pays un peuple majoritairement musulman par reconnaissance envers Allah, notre Dieu Unique!

Qui était Dutty Bookman?

Bookman était un esclave anglais né de la colonie anglaise de la Jamaïque. Selon l’auteur Sylviane Diouf dans son livre « Les Musulmans africains rendus esclaves aux Amériques » soutient que les missionnaires musulmans en Afrique de l’Ouest étaient appelés « les hommes du livres » car ils lisaient toujours Le Coran. Et justement, Le nom de Book Man de l’anglais signifie « l’homme du livre » en français. Les anglais qui Le voyaient régulièrement à l’étude lisant son coran se disaient ah voici l’homme du livre, en anglais ce serait : « here is the Book Man »

 Bookman fut donc par la suite vendu par son maitre anglais parce qu’il tentait d’apprendre à lire et à écrire aux esclaves dont iL avait la supervision.

 Dès son arrivée à Saint Domingue, iL jouissait d’une ascendance intellectuelle sur les autres esclaves car, iL savait lire et écrire. Il aurait alors commencé à réunir les esclaves pour leur enseigner Le Coran et les inciter à la révolte.

 Et puisqu’il était musulman, on Le considérait comme un prêtre musulman. Maintenant dites-moi comment on appelle un prêtre de la religion de l’Islam ? C’est un Imam, donc les esclaves disaient « AN AL NAN BWA KA IMAM » d’où l’origine du nom Bois Caïman.

Imam bookman réunissait donc les esclaves à l’habitation Choiseul qui était alors une zone très boisée. Or, pour qu’il ait caïman mes amis, IL faut un lagon, une rivière ou un marécage choses qui n’existaient pas dans cette zone. Ainsi donc, mes chers amis, comme son nom l’indique et comme le suggère plusieurs historiens, Dutty Bookman n’était pas un prêtre du vodou mais de préférence un Imam Musulman.


Les colons  français surnommaient cette oeuvre qu’il lisait souvent « le livre renversé ». Le Coran, étant écrit en langue arabe, se lit de la droite vers la gauche et le début du livre se situe à l’extrémité qui, dans les ouvrages occidentaux, en contient la fin.

Et toujours selon ces historiens, notre fameuse Cérémonie du Bois Caïman n’était rien d’autre qu’une réunion de prière dans les bois chez l’imam. Bookman était l’imam (le prêtre, le chef religieux musulman) et cette réunion eut lieu dans les bois où il vivait ( « les bois chez l’Imam » = « Bwa Kay Imam » en créole qui a été retranscrit en français « Bois Caïman ». Par ailleurs, serait-ce une coïncidence que la « prêtresse » qui accompagna Boukman pendant la cérémonie s’appelait Cécile Fatiman?

Or les juifs et les arabes ont tous deux dans leur religion une chose en commun, ils ont en horreur le cochon. Ils n’élèvent pas, ils ne mangent pas et parfois même ne touchent pas le cochon, si bien que le Musulman a crée un terme spécial pour la nourriture qui ne contient pas de la viande de porc, c’est la nourriture dite « Halal ». Comment donc mes chers amis, musulman de surcroit un Imam pouvait-il boire le sang d’un cochon ? C’aurait été la plus grave insulte que l’on pourrait faire à un musulman que même de suggérer pareille chose.

 

Qui était Antoine Dalmas?

Antoine Dalmas était un docteur, historien français et a écrit :''L'histoire de la Révolution haitienne de 1791, publié en 1814 après l'indépendance d'Haiti, la première République noire indépendante du monde.

En effet dans son ouvrage, Antoine Dalmas explique qu’il y avait en réalité deux réunions. La vraie réunion qui nous a donné notre indépendance s’est tenue le 14 aout sur la plantation Lenormand au Morne Rouge où sous prétexte d’une fête quelques 200 membres de l’élite des cases nègres sont rassemblés. C’est là qu’ils planifient la révolte des esclaves.

 L’autre réunion dont il est question s’est tenue le 21 aout sur la plantation Choiseul, endroit qui s’appelle toujours Bois Caïman. C’est là qu’il y aurait eu une cérémonie de vodou isolée et qui n’avait rien avoir avec la décision de combattre les français.

 Cela veut dire que la vraie rencontre déterminante de la révolte des esclaves, celle qui conduisit à notre indépendance n’a pas eu lieu au bois caïman mais à près de 10 kms de là au Morne Rouge, et au cours de cette réunion il n’était jamais question de cérémonie Loa. Ce n’est donc pas une cérémonie de vodou qui nous a donné notre indépendance, mais plutôt une conjuration bien planifiée par des esclaves intelligents contre leurs maitres.

 Malheureusement, les historiens n’ont pas pu lire le livre de Dalmas, ils ont confondu ces deux évènements et ont fait croire que c’est au bois caïman au cours d’une cérémonie vodou que nous avons décidé de nous libérer de l’esclavage, ce qui n’est pas le cas.

Et bien l’historien Claude Moïse a bien expliqué l’origine de ce problème, dans son ouvrage « Dictionnaire de la révolution Haïtienne » paru en 2008, ou il fait comprendre qu’en fait la première allusion au sujet d’une telle cérémonie de vodou a parut dans un livre publié en 1814 par un docteur français qui n'est autre qu’Antoine Dalmas. C’est à cause de cette confusion que nos livres d’histoire nous rapportent que notre liberté a été décidée au cours d’une cérémonie de vodou.

 

Voilà pourquoi, mes chers amis, Haïti n’a jamais signé de contrat avec Satan pour sa libération, car la réunion qui nous a donné notre indépendance n’a pas eu lieu au Bois-Caïman avec Bookman mais au Morne Rouge sans aucune cérémonie de vodou. À la lueur de ces nouvelles informations, nous devons chasser de notre esprit la fausse conception qui veut faire croire que les souffrances d’Haïti soient dues à une malédiction causée par nos ancêtres. Nous éviter de réfléchir comme les disciples qui cherchaient toujours à trouver un péché pour justifier le malheur des autres.


Jean N. Leroy
Source/Antoine DALMAS/ L'historien Pauléus Sannon/As-salam Alleikoum!/L’ISLAM EN HAÏTI/Claude Moïse/ictionnaire de la révolution Haïtienne/ Sylviane Diouf /Les Musulmans africains rendus esclaves aux Amériques/Auteur inconnu

Photo/Oeuvre/Internet

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